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08/04/2016
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Suite à sa décision, annoncée en février dernier, d'arrêter les subventions publiques pour les trains de nuit, Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, a lancé le 1er avril 2016 un Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) sur ces mêmes liaisons.


L’objectif affiché par le gouvernement est de « permettre à tous les opérateurs ferroviaires de proposer, pour leur propre compte, de nouveaux schémas d’exploitation innovants susceptibles de redonner de l’attractivité à ces lignes ».

Erreurs susceptibles d’induire en erreur d’éventuels candidats

Le 4 avril, trois jours après la publication de l’AMI, Transdev émet néanmoins des doutes sur la volonté réelle du gouvernement de maintenir ces lignes déficitaires via l’ouverture à la concurrence. L’entreprise de transport public dénonce en effet un délai court, voire insuffisant, pour répondre à l’appel à manifestation. « Deux mois seulement sont laissés aux entreprises ferroviaires pour présenter une offre complète répondant à l’ensemble des problématiques sociales, industrielles et commerciales », indique Transdev dans un communiqué. L’entreprise de transport public s’interroge également quant aux « conditions effectives d’accès au réseau et quant à l’exploitabilité des liaisons concernées ». Elle relève en outre le fait que le Ministre des transports ne garantit ni le transfert du personnel ni la mise à disposition du matériel roulant. Enfin, elle déplore que « des données fondamentales telles que les résultats du trafic et le niveau de charges par ligne actuels ne sont pas fournies par le Ministère, que les descriptions de lignes comportent des erreurs grossières susceptibles d’induire en erreur d’éventuels candidats ». Dernière remarque de Transdev : « un temps évoquée, la possibilité pour les collectivités territoriales de répondre à l’AMI et de se substituer à l’Etat dans le financement des trains de nuit n’est même plus mentionnée ».

Se rapprocher du Ministère pour avoir des informations de base

Face à ce constat, Transdev s’interroge sur l’opportunité même de répondre à l’AMI dans de telles conditions. La compagnie a donc décidé de se rapprocher du Ministère pour obtenir, a minima, les données sur lesquelles ce dernier attend les prévisions des nouveaux opérateurs, en particulier les résultats de trafic et niveau de charges par ligne. « Ces données ont en effet nécessairement été remises par l’entreprise SNCF à son Autorité Organisatrice », précise Transdev. Par ailleurs, Transdev va demander quels sont les moyens que le Ministère des Transports entend mettre en place pour pérenniser les services jusqu’à la mise en exploitation par le nouvel opérateur. « Ces informations de base font en effet actuellement défaut. Il faut espérer que les réponses apportées par le Secrétaire d’Etat en charge des Transports permettront à Transdev de construire en réponse à l’AMI une offre pertinente », conclut l’entreprise.

 

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