Pramorel

Blotti sous le Prorel, Pramorel marque l'une des frontières du territoire communal. Ce quartier rural et paisible, qui compte moins de cent âmes, semble avoir échappé à l'emprise du temps.


Un des derniers éleveurs

Voilà plus d’un demi-siècle qu’il se lève à 3 h du matin pour prendre soin de ses vaches, veaux et chevaux. Après avoir travaillé 40 ans comme plombier puis agent des Services Techniques, Bernard Eymard, 63 ans, se consacre à sa petite exploitation héritée de ses parents et grands parents.
« Des bêtes bien nourries et traitées avec soin, ça fait une différence dans l’assiette », explique l’éleveur, qui vend 10 veaux par an à la boucherie de Prelles. Quand elles ne paissent pas au milieu des verts pâturages, ses 9 belles Tarines et Abondances occupent une étable voûtée de 1736 où elles ruminent en musique. Parées de leurs sonnailles –qu’il collectionne par dizaines-, elles remportent régulièrement des concours bovins.
Quant à ses 4 chevaux, ils s’ébrouent dans le pré à longueur d’année, hormis l’été, où ils sont loués pour des promenades dans le Queyras.

 

   

 Attaché à ses animaux, Bernard Eymard entend bien poursuivre son activité le plus longtemps possible.
C’est tout ce qu’on peut souhaiter à l’un des derniers agriculteurs-éleveurs de Briançon !

 

Camping à l’ancienne

Difficile d’imaginer un tel havre de paix avant de visiter les lieux. Perché sur le plateau de Champ de Blanc, le camping de Clara et Patrick Schocher offre un lieu de villégiature calme et verdoyant à moins de 2km à pied de la Grand’Boucle. Pour accéder à sa vingtaine d’emplacements, il faut contourner le gîte, bâtisse du 17e siècle restaurée avec goût, puis emprunter une sente fleurie bordée de neuf chalets en bois.

« Nous accueillons essentiellement des habitués qui apprécient notre table d’hôtes », se réjouissent les propriétaires, qui ont tout quitté en 1990 pour faire de ce lieu un petit paradis. «A l’époque, j’étais assureur à Rouen, se souvient Patrick Schocher. Quand j’ai appris que le camping était à vendre, je n’ai pas
hésité car j’étais tombé amoureux du site en venant y séjourner.»
Depuis 25 ans, le couple n’a eu de cesse d’améliorer la qualité de l’hébergement sans pour autant chercher à étendre son activité. « Nous avons voulu préserver l’esprit du camping familial d’antan, à taille humaine, dans un cadre mêlant nature, tranquillité et simplicité ». Pari réussi. Bien qu’ils cherchent un repreneur pour goûter une retraite bien méritée, c’est à regret
que ses propriétaires quitteront ce site enchanteur.

 

     

 

Le Petit Poucet de Pramorel

 Une du Dauphine Libéré, pleine page dans le magazine Détective, prime time d’Antenne 2 : Pramorel a été le théâtre d’un fait divers retentissant, couronné d’un happy end.

 

30 SEPTEMBRE 1959

16h - René Michel, deux ans et demi, joue avec sa chienne Mirette devant la maison familiale. Sa mère le surveille du coin de l’oeil en préparant le dîner.
Vers 17h, ne le voyant plus, elle part à sa recherche. Mais aucune trace du garçonnet. L’inquiétude grandit, l’alerte est lancée. Gendarmes, pompiers, militaires du 159e RIA, voisins et volontaires battent fourrés et bois, fouillent écuries et granges.
A 3 h du matin, les opérations s’interrompent pour être reprises dès l’aube par 150 personnes.


1er OCTOBRE 1959

Les canaux et la rivière sont sondés. Sans succès. Le sous-préfet et le député se rendent sur place, un signalement de l’enfant paraît dans la presse, des appels à témoins sont lancés de Marseille, Lyon et Monte-Carlo.

 


2 OCTOBRE 1959

Après une 2ème nuit de recherches, on doute des chances de survie du disparu. Les champs sont couverts de givre. Au petit matin, un habitant du Chabas, Emile Fine, part à la chasse au bois des Granges, à 5 km de Pramorel.
Dans un trou couvert de feuilles, il découvre le corps inanimé de René, pelotonné contre sa chienne Mirette qui geint, ensanglantée. Admis au service de réanimation dans un état de semi-coma et d’hypothermie avancée, le petit miraculé reprend connaissance, entouré de l’affection de ses proches et du personnel de l’hôpital. Quelques jours plus tard, le magazine Détective titre : « Le Petit Poucet de Pramorel a été sauvé du froid et des fauves par la fidèle Mirette. »

TRENTE ANS APRÈS...

Une telle histoire ne peut que séduire les producteurs de La Nuit des Héros, un reality show qui bat des records d’audience au début des années 90. Pendant 10 jours, à Pramorel, une équipe vient tourner une fiction inspirée de l’histoire de René Michel. Ce dernier participe au projet aux côtés des acteurs et de 120 bénévoles. Le 28 décembre 1991, après la diffusion du film, il répond aux questions de Laurent Cabrol sur le plateau d’Antenne 2 et rend hommage à ceux qui lui ont sauvé la vie.

 

AUJOURD'HUI

René Michel a 58 ans. Bien connu des Briançonnais en tant que placier des marchés de la ville, il évoque avec émotion cette aventure extraordinaire : « Je n’ai aucun souvenir de ma disparition. On a supposé que j’avais voulu rejoindre ma grand-mère à Briançon ou aller acheter des bonbons chez Puy à Saint Chaffrey. Une chose est sûre : depuis, il ne s’est pas passé une journée sans que quelqu’un ne m’appelle Petit Poucet ! »