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Accueil de 21 rfugis Brianon

Vers 2 heures du matin, dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 novembre 2015, 21 rfugis ont rejoint Brianon aprs un long priple en autocar depuis Calais.


Orchestre par la sous-prfecture et la mairie de Brianon, cette dmarche d’accueil est coordonne parle service de la MJC LaMAPEmonde* avec l’appui d'associations caritatives, du collectif citoyen Pas en Notre Nom Brianon et de nombreuxbnvoles. Elle est entirement finance par l’Etat, qui prend sa charge tous les frais inhrents l’accueil des rfugis. Cette opration solidaire ne se fait donc pas au dtriment des Brianonnais en difficult. Les citoyens manifestent dans leur ensemble un lan de solidarit exemplaire. Ct logistique, les associations accomplissent un travail remarquable.

Qui sont-ils ?

Ils sont quatre femmes, seize hommes et un enfant, tous gs de moins de 40 ans.Douze d’entre eux viennent du Soudan, quatre du Tchad, deux d’Erythre et un couple avec un enfant de cinq ans sont originaires d’Iran. Si chaque parcours est singulier, tous ont fui la violence et la dictature, avant la "jungle" de Calais, juge indescriptible par l’un des accompagnants franais venus du Pas-de-Calais.

Ils se nomment Khali, Salim, Yassin, Ahmed, Ibrahim, Mahmoud, Achraf, Ali, Abderaman, Abdelmalik, Abdallah, Noha, Jdois, Hiba, Fatima...

Journal de bord

  • Lundi 23 novembre

De 10h30 12h, la ludothque de la MJC de Brianon a accueilli la rencontre hebdomadaire autour d'un caf. Aprs un temps d'changeavec lescitoyens,chacun desmigrants a fait un point sur sa situation administrative avec Karine Moreau et Khaled Malek de la MAPEmonde. Ceux qui le souhaitent ontpu s'inscrire aux sances de musculation qui dbuteront ds le mardi 24 novembre au CIPPA. Les migrants pourront s'y rendre pargroupe de trois, tour de rle,chaque matin de la semaine. D'autres activits seront mises en place progressivement. Aprs la trve du week-end, les cours de franais redmarrent cet aprs-midi la MJC et au foyer des Peupliers.

  • Dimanche 22 novembre

De 14h 17h, le gymnase Chancel s'est converti en terrain de foot. Hommes, femmes, migrants, citoyens brianonnais, lusont compos des quipes improvises, enchanant dribbles et passes avec le sourire. Parmi la quarantaine de joueurs, se trouvait la sous-prfte quia elle aussi tap dans le ballon rond.

  • Jeudi 19 novembre

Avant que la neige ne reblanchisse les sommets, un petit groupe de 3 migrants a crapahut au col du Granon, emmen parun bnvole du collectif citoyen Pas en Notre Nom Brianon. Une randonnemerveille.

  • Mercredi 18 novembre

Matin

Une runions'est tenue 11h30 en sous prfecture pour faire un point de situation. La sous-prfte Isabelle Sendran, le maire de Brianon Grard Fromm, le service de la MJC La MAPEmonde, la Protection Civile, la Croix Rouge, le Secours Populaire, le Secours Catholique, le collectif Ensemble Vivre, les sapeurs-pompiers, la police nationale etles reprsentants des foyers o sont logs les rfugisont dress un premier bilan d'tape trs positif. Il en ressort que "tout se passe harmonieusement,les rfugis tmoignent de leur joie d'treicietnouent de belles relations avec leurs voisins et les bnvoles". Le maire de Brianon a salul'exemplaritde l'accueil des rfugis dans la commune, de l'engagement remarquable du monde associatif et des bnvoles. De leur ct, les associations ont expliqu qu'en travaillant toutes ensemble sur cette mission elles apprenaient mieux se connatre et resserrer leur lien.

A l'issue la runion, a t dresse une liste des besoins des rfugis. Actuellement, des repas leur sont livrs mais ils souhaiteraient pouvoircuisiner eux-mmes. Leurs logements sont quips de frigos, plaques de cuisson et fours mais il leur manque de la vaisselle, des couverts, des poles, des casseroles, des ustensiles de cuisine, des bouilloires ainsi que 4 lave-linge et des tendoirs linge. Par ailleurs, les stocks de vtements des associations caritatives de Brianon ayant fortement diminu, de nouveaux dons sont les bienvenus.

Cesdons en vaisselle, matriel de cuisine, matriel lectromnager et en vtements sont remettre

- Soit l’accueil de jour en Brianonnais, ouvert tous les matins de 8h15 11h30, au 17 rue Alphand Tl. : 04 88 03 63 07
- Soit aux associations de la Croix Rouge, du Secours Populaire ou du Secours Catholique lors de leurs permanences ou dans les containers prvus cet effet.
Croix Rouge : Anciens abattoirs, rue Jean Moulin Tl. : 06 29 28 76 37 et 06 80 12 77 93 Permanence samedi 21 novembre de 14h 16h30
Secours Catholique : Square Julien Merle rue Eberl Tl. : 04 92 20 04 87
Secours Populaire : HLM les Toulouzannes bt B2 rue Joseph Sylvestre Tl. : 04 92 20 55 25

Aprs-midi

A 18h, les rfugis ont pris part, avec les quelque 250 citoyens prsents, au moment de recueillement la bougiepropos par le collectif Ensemble Vivre sur le parvis de l'glise de Sainte Catherine. Un temps de communionpour rendrehommage aux victimes des attentats et tmoigner de l'attachement aux valeurs rpublicaines.

  • Lundi 16 novembre

Matin

Tous les lundis matin, est mis en place la MJCun temps de rencontre entre les migrants, lescitoyens -qu'ils soient ou nonbnvoles - et les reprsentants dela MAPEmonde quien profitent pour faireun point sur le suivi administratif.Autour d'un caf, tous ont pu changer dans une ambiance joyeuse et fraternelle. Pour faciliter la mission de la MAPEmonde et seconder Karine Moreau, la MJC a recrut Khaled Malek, qui a dmarrce 16 novembre.

Aprs-midi

Coup d'envoi des cours de franais.Les rfugis onttous rpondu prsents. Rpartis en deux groupes de 10, l'un la MJC, l'autre aux foyer des Peupliers, ils ontcommenc apprendre comment se prsenter. Les chiffres ont aussi t abords la faveur d'une partie de foot. Libres dans leur approche, loin de toutcarcan formel, les enseignants bnvoles font dj part d'changes enthousiasmants. Tout comme les apprenants, ravis de leurs premires sances d'initiation au franais. Elles vont se drouler raison de 9 sances par semaine,animes par18 bnvoles.

  • Samedi 14 novembre

Le couple d'Iraniens et leur petite fille ont emmnag dans un logement social des Cros avec l'aide de nombreux bnvoles, pauls des habitants du quartier qui sont spontanment venus leur prter main-forte. Ils ont t trs sensibles l'accueil chaleureux que leur ont rserv leurs nouveaux voisins.

  • Jeudi 12 novembre

Matine

Des journalistes du Dauphine Libr, d'Alpes et Midi, de D!CI TV et de France 3 sont venus leur rencontre au foyer des Peupliers pour une confrence de presse l'initiative de la sous-prfte. Tous les rfugis ont tenu y participer. Les traitsun peu plus reposs qu' leur arrive, ils ont expliqu qu'ils reprenaient peu peu"confiance en eux et en l'humanit", que l'accueil des Brianonnais les avait touchs. "Ca fait chaud au coeur de voir autant de sourires aprs les 6 mois passs Calais, o on tait traits comme des animaux". Dix d'entre eux ont fait part de leur souhait de rester en France. "Nous sommes impatients de commencer les cours de franais", ont-ils dclar, comme l'a rapport l'interprte bnvole prsent sur place qui a traduit tous leurs propos de l'arabe littraire vers notre langue.

Aprs-midi

Dix des bnvoles s'tant propos pour enseigner le franais aux rfugis se sont runis la MJC pour organiser les premires sessions d'apprentissage, qui dmarreront lundi 16 novembre. "On se concentrera sur la langue orale car nos alphabets sont diffrents et qu'il faut leur donner rapidement des cls pour se dbrouiller dans la vie quotidienne", a prcis Catherine Guigli, lue brianonnaise charge de la coordination des cours de franais. Ils seront dispenss tous les jours, raison d'1h30 le matin et d'1h30 l'aprs-midi, avec chaque fois deux groupes d'une petite dizaine d'lves. Chaque enseignant pourra alterner cours en salle et dcouverte de la langue sur le terrain, en se rendant au march et dansdes commerces, en prenant le bus...Jeunes retraits de l'enseignement ou du tourisme, trentenaires actifs issusdu monde de l'entreprise ou de la presse, les bnvoles prsentent une grande varit de profils. Certains ont dj fait de l'alphabtisation et de l'humanitaire. Toussont enthousiastes l'ide de transmettre et d'changer avec les rfugis, qui n' ont pas tous le mme niveau d'tudes. Si l'une des femmes est diplme d'un master en dveloppement durable, certains ne sont jamais alls l'cole.

  • Mercredi 11 novembre

Douze bnvoles du collectif Pas en Notre Nom Brianon et l'lu brianonnais Jean-Paul Borelsont venus les chercher en voiture dans les foyers o ils rsident pour une aprs-midi de dtente et de rencontre dans la plaine des Alberts. Aprs une partie de foot et de jeux de quilles, ilsont partagboissons etgteaux confectionns par les bnvoles sous un soleil radieux. "Unjoyeux momentd'change,une parenthse de tranquillit" s'est rjouie Marie Dorlans,fondatrice du collectif.

  • Mardi 10 novembre

Dbut des visites mdicales l’hpital de Brianon, chelonnes tout au long de la semaine. Certains souffrent de squelles physiques lies aux preuves traverses.

  • Lundi 9 novembre

Ils se sont rendus la sous-prfecture o la sous-prfte, l’office franais de l’immigration et de l’intgration de Marseille et le bureau de la nationalit les ont renseigns sur les demandes d’asile et ont examin leur situation au cas par cas.

  • Dimanche 8 novembre

Ils ont t reus la MJC par l’association MAPEmonde pour un premier point sur leur situation sociale et administrative. Des bnvoles du Secours Populaire, du Secours Catholique et de la Croix Rouge leur ont remis des vtements et ont dress un premier inventaire de leurs besoins. Pour se comprendre, les uns et les autres ont surtout employ le langage universel du regard et du sourire car trs peu de rfugis parlent l’anglais. La majorit s’exprime en langue arabe littraire, traduite par des interprtes bnvoles. Quelques-uns ont dcouvert le march dominical sous un soleil radieux, accompagns de citoyens brianonnais.

  • Samedi 7 novembre

Fatigus, dboussols, ils ont t accueillis vers 2h du matin dans les locaux de la protection civile par des citoyens bnvoles et des employs de nombreuses associations –au premier rang desquelles la MAPEmonde-, par le maire et des lus ainsi que la sous-prfte de Brianon. Des soupes, des jus de fruits, du caf les attendaient avant un rapide examen mdical et une nuit de sommeil rcupratrice dans les foyers l’Epica et Les Peupliers. Ces logements, mis disposition par l’Office Public de l’Habitat des Hautes-Alpes, taient inoccups depuis deux ans.

    Et aprs ?

    La dure du sjour des rfugis n’est pas dtermine. Comme l’a indiqu le maire de Brianon : Si demain, ils veulent repartir, ils repartent. Par contre, nous, nous allons leur offrir la possibilit de participer des activits, qu’elles soient sportives, culturelles, ou linguistiques avec des cours d'apprentissage du franais .
    Rappelons que le ministre de l’Intrieur a propos aux migrants qui le souhaitent de s'loigner de Calais pour des raisons humanitaires afin qu’ils bnficient de meilleures conditions d'accueil et d’un accompagnement dans leurs procdures lies au sjour et/ou l’asile le temps que soit traite leur demande d'asile ou envisag un retour-rinsertion dans leur pays d'origine.

    * Mission d'Accueil des Personnes Etrangres

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