Saint-Blaise Chamandrin

Postés à l'entrée sud de Briançon, les hameaux de Saint Blaise et Chamandrin se jouxtent, réunissant quelque 400 habitants. Depuis la déviation de la route nationale qui le traversait jusqu' en 1998, ce quartier a retrouvé quiétude et sécurité.
Toutes les générations s'y côtoient, attachées à leur école, à leurs monuments et aux instants de partage d'une riche vie associative.


 

Sites remarquables

La chapelle et l’ancienne cure de Saint Blaise 

Ces deux édifices historiques se font face. En 2005, le Club du Vieux Manoir a réhabilité le mur d’enceinte, les façades et le cadran solaire de l’ancienne cure, ou maison du curé. Actuelle salle des associations, cette bâtisse tenait aussi lieu, autrefois, d’école et de bureau de l’octroi.


L’octroi

Du fait de sa position géographique, à la lisière de la ville, la cure de Saint Blaise hébergea le bureau de l’octroi de 1859 à 1943. Les marchands se rendant à Briançon y faisaient halte pour s’acquitter de l’octroi, taxe qui frappait certaines denrées en provenance de l’extérieur, telles que l’alcool, le bétail et la viande.
Système de douane locale, l’octroi représentait une source importante de revenus communaux.

 

 


Le four banal de Chamandrin

Des miches de pain croustillantes sortent encore de ce four datant de 1875. Une dizaine de fournées par an, préparées dans la bonne humeur puis vendues au bord de la route par l’association de quartier et celle des amis de l’école.

 

 

Saint, chat et grenouille

A l’instar d’autres villages, Saint Blaise a sans doute été baptisé du nom d’un saint pour s’attirer la protection divine. La toponymie de Chamandrin semble plus hasardeuse. La légende raconte que le bandit de grand chemin Mandrin, réfugié dans le hameau, faisait manger à ses  hommes du chat. D’où le nom de Chamandrin. « Croira qui voudra ! », nuance Raymonde Pons. Quant aux habitants, on les surnomme les Grenouilles, clin d’œil au caractère jadis marécageux du site.

 


Témoignages

Une association de quartier dynamique

« Les animations de notre association rythment la vie du quartier. Chaque semaine, se tient l’atelier vannerie où sont produites des pièces 100% locales avec de l’osier d’ici. Tous les ans, on organise des vide-greniers, un grand pique-nique et, en point d’orgue, la fête du village. C’était autrefois la 1ère fête de Briançon, réputée pour ses courses d’ânes et de chèvres. Ca reste aujourd’hui encore un grand moment de convivialité. Les habitants sont soudés autour de leur association, qui s’est battue pour la déviation et qui préserve la qualité de leur lieu de vie en lien étroit avec la municipalité ».
Christian Ferrus, président de l’association Saint Blaise Chamandrin.

De gauche à droite : C.Ferrus et quelques membres de l’atelier vannerie

 


L’école, cœur battant du quartier

Elle porte beau ses 80 ans, qu’elle a fêtés cette année. Et affiche une étonnante vitalité, qui doit beaucoup à ses enseignants ainsi qu’aux parents de ses 34 élèves très impliqués dans l’association des amis de l’école. Journal scolaire, théâtre, écriture de romans, débats philosophiques - diffusés sur les ondes de la RAM05-  échanges internationaux….Les projets fleurissent à foison dans cette petite école élémentaire à l’atmosphère familiale, attentive à la réussite de tous et résolument ouverte sur le monde !

 


 

L’incendie de Saint Blaise 

Des tirs allemands incendièrent Saint Blaise à l’été 1944. Un épisode que Raymonde Pons (à droite sur la photo) a relaté dans son livre de souvenirs Ma Bonne Etoile et qu’elle évoque avec émotion, aux côtés de sa cousine Josette Colomban.

 « Après le départ des Américains, les Allemands attaquèrent de nouveau. Craignant le pire, presque tous les villageois déguerpirent. Parmi eux des vieillards, des enfants et une voisine sur le point d’accoucher. Quelques heures plus tard, depuis Puy-Saint-André, nous vîmes des obus éclater sur Saint Blaise. C’était le mois d’août, les granges regorgeaient de foin. Aussitôt des flammes jaillirent des maisons. Des larmes coulaient sur le visage des adultes. Le lendemain, un camion nous transporta à l’Argentière. Il était temps : la jeune femme enceinte gagna le dispensaire où elle mit au monde le petit Raymond Ferrus, qui vit toujours à Saint Blaise. De retour au village, nous découvrîmes qu’une dizaine d’habitations avaient été ravagées par les flammes. C’était la désolation. Je me souviens que mon père, qui n’était pas démonstratif, embrassa ma mère et dit : Nous sommes tous en vie, c’est le principal ! »