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Une chaufferie bois pour Briançon

Mercredi 8 janvier 2014, Gérard Fromm, maire de Briançon, signait le contrat de délégation de service public pour la construction et l'exploitation d'une chaufferie bois et d'un réseau de chaleur qui desservira la commune en lieu et place des anciennes casernes Colaud.
Le délégataire est BBE, groupement constitué des sociétés EDSB, CORIANCE et SOGETHA.


Cette réalisation de chauffage urbain, qui sera la plus importante de la région PACA, contribuera à l'indépendance énergétique de Briançon, en fera une ville exemplaire en matière de développement durable et créera des emplois locaux.

 

Vous avez dit "chauffage urbain" ?

Le système de chauffage urbain retenu par la ville de Briançon s'apparente à un chauffage central au bois à l'échelle du territoire communal.  Cette installation appelée «réseau de chaleur» comprend une chaufferie bois fournissant de la chaleur à plusieurs clients par l'intermédiaire de canalisations. La chaleur produite par la combustion du bois réchauffe le fluide caloporteur circulant dans les conduites jusqu'aux différents points de livraison. Via un échangeur thermique, cette chaleur est ensuite transmise à deux circuits secondaires : un pour le chauffage et un pour l'eau chaude sanitaire.

 

Pourquoi un réseau de chaleur bois ?

Le projet de création d'un réseau de chaleur bois est né de la conjonction de deux facteurs :

  • la requalification des quartiers Colaud et Berwick dans le cadre du projet urbain Coeur de Ville, qui prévoit l'aménagement d'un secteur de 10 hectares à forte densité et énergétivore
  • les projets de rénovation de chaudières vétustes à énergie fossile dans des immeubles appartenant à des collectivités publiques ou privées.
    Dans ce contexte, la réalisation d'une chaufferie bois centralisée, couplée à un réseau de chaleur, est apparue comme une solution économique et environnementale adaptée.

 

Où ?

Installée dans le quartier Colaud (voir flèches rouges ci-dessus), la chaufferie bois alimentera un réseau de chaleur de 6 km, desservant a minima 27 bâtiments. De nombreuses communes, dont Embrun, ont également opté pour une implantation en centre ville, à proximité des immeubles à chauffer. Par mesure de précaution, le dépotage et le stockage des combustibles seront implantés loin de la zone de logements, en partie basse de la route, en vue de minimiser les nuisances sonores pouvant être causées par la chaufferie.
 
Afin de s'intégrer au mieux dans le paysage briançonnais, la chaufferie sera aménagée dans deux anciens bâtiments militaires, reliés entre eux par une structure complémentaire, dont la toiture terrasse sera végétalisée. La haute cheminée sera habillée de bois, au même titre qu'une partie des façades.   

                    

  

 

                                                                                                         

Comment ?

La chaudière sera alimentée à 100% par du bois d'origine locale livré en plaquettes forestières, résultat du broyage des rémanents d’une exploitation forestière ou de bois de faible diamètre dont c'est souvent la seule valorisation possible. Se présentant sous forme de copeaux d'environ 2×2×5 cm, ces plaquettes (voir photo ci-dessous) proviendront de trois sources d'approvisionnement distinctes dans les proportions suivantes :
  • 60% seront issues de forêts publiques des Hautes-Alpes gérées durablement par l'ONF et labellisées PEFC (programme international de reconnaissance des certifications forestières)
  • 30% seront extraites de déchets de bois de classe verte
  • 10 % seront fournies par des scieries.
     
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Puisant largement dans le pays briançonnais, dont le gisement de bois s'élève à 28 000 tonnes, la chaufferie en consommera 6000 tonnes par an. De quoi dynamiser et  développer la filière bois locale.

 


La chaufferie disposera d'une capacité de stockage du bois de 1500 m3, avec deux silos de 540m3 et un hangar de 450m3, ce qui assurera un fonctionnement en autonomie à pleine puissance de 4,2 jours. Le bois contenu dans les silos sera acheminé vers la chaudière via un transporteur à chaînes totalement capoté afin d'éviter tout dégagement de poussières. Le traitement des fumées sera lui aussi entièrement sécurisé grâce à un dépoussiéreur et à la récupération des particules fines, évacuées vers une usine de traitement des déchets. Le délégataire s'est d'ailleurs engagé contractuellement à effectuer des analyses régulières et à maintenir le taux d'émission des particules en deçà du seuil légal.

 

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Quels seront les avantages du chauffage urbain ?

Le chauffage urbain, qui possède un meilleur rendement qu'un chauffage individuel ou collectif, présente de multiples avantages, sur le plan de la facture énergétique, de l'environnement, de l'emploi, de l'esthétique paysagère et de la sécurité.

 

Un chauffage économique

Les dépenses en énergie de notre commune de montagne sont très significatives, dans un contexte d'augmentation des prix et de raréfaction des énergies fossiles. Grâce à la mise en oeuvre du réseau de chaleur, la facture énergétique devrait sensiblement baisser, d'autant qu'elle sera assujettie à une TVA à 5,5%. Plus attractif que pour les énergies fossiles, le prix de l'énergie bois sera aussi plus stable car il ne sera plus soumis aux fluctuations du marché pétrolier, comme le fioul. En outre, les usagers seront dispensés des coûts de maintenance de l'installation ou de remplacement des cuves.

 


Une solution écologique

Le choix du bois relève d'une vision stratégique à long terme de la problématique énergétique et environnementale.

En se substituant à une quarantaine de chaudières au fioul vétustes et polluantes, le réseau contribuera à préserver l'environnement en permettant une réduction significative des émissions de CO2 dans l'atmosphère, de l'ordre de 155 000 tonnes, soit l'équivalent des rejets de dioxyde de carbone de plus de 77 000 voitures.
En raison de son insertion en milieu urbain, à proximité du futur éco-quartier «Coeur de Ville» et des HLM des Cros notamment, et de la nécessité d'éviter des nuisances pour le voisinage, toutes les précautions seront prises pour limiter les émissions de polluants atmosphériques :

  •  les plaquettes forestières utilisées seront exemptes d'adjuvants, de peinture, de cailloux, de sable, de terre et de tous corps étrangers
  • le bois possède un bilan carbone nul. Lors de sa combustion, il générera du gaz carbonique, des particules fines et des cendres. Le premier sera absorbé par les arbres en croissance, les secondes seront retenues par des systèmes de filtrage et les troisièmes connaîtront une valorisation à travers l'épandage agricole.
  • le bois sera acheminé depuis la plateforme de l’Argentière-la Bessée (distance inférieure à 30 km aller/retour) par des camions à benne fond mouvant. L’empreinte carbone pour le transport du fioul, à charge équivalente, serait de 306 tonnes/an contre seulement 137 pour le transport du bois, soit moins de la moitié.
  • s'agissant du traitement des fumées, le dépoussiéreur permettra la migration des poussières vers un filtre à manches les séparant ensuite à l’aide de panneaux filtrants. Les particules fines seront recueillies et évacuées vers une usine de traitement des déchets. Après passage dans le dépoussiéreur et le filtre à manches, les particules rejetées présenteront une granulométrie de moins de 2 microns, inférieure aux normes en vigueur.

 

Un intérêt social

Outre la baisse de la facture d'énergie, le chauffage urbain constituera, via la valorisation de la filière bois, un vecteur de créations d'emplois au niveau local. Ainsi on estime que pour 600 tonnes de bois produites, un emploi est créé. La chaufferie, en consommant en moyenne 6000 à 8000 tonnes par an, on peut tabler sur la création d'une dizaine d'emplois.

Une amélioration esthétique

L'abandon des chaudières à fioul au profit du réseau de chaleur aura pour conséquence la suppression d'une quarantaine de cheminées, qui disparaîtront ainsi des toitures de la ville.

Un gain en sécurité

Débarrassés des installations de combustion qu'ils abritaient, les immeubles raccordés au réseau de chaleur offriront aux usagers une sécurité accrue.


En plus des nombreux avantages précités, la chaufferie bois revêtira aussi un intérêt pédagogique avec la possibilité de visites du site et l'ouverture d'un lieu d'information dédié aux énergies renouvelables et à l'histoire du projet urbain «Cœur de Ville».

 


Quels bâtiments seront raccordés ?

Au moins 27 bâtiments pourraient être chauffés par la chaufferie bois, parmi lesquels les HLM Les Cros, le Polygone, la Bérard et le Lautaret ; le centre commercial Grand'Boucle ; l'hôpital des Escartons ; le centre Rhône Azur ; l'Etoile des Neiges ; Les Acacias ; les collège et lycée climatiques d'Altitude ; les résidences Les Granons, La Ribière, Les Ecrins, Rochebrune, Le Prorel, l'Europe, Le Chancel, Les Tenailles, Plein Soleil, Le Chaliier, Les Escartons, Le Palatin ou encore la résidence du Parc ; sans compter les quelque 500 futurs logements du projet d'aménagement du quartier Berwick.

 

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Quel coût pour la commune ?

La Ville de Briançon a confié la construction et la gestion de la chaufferie bois et du réseau de chaleur à un groupement constitué des sociétés EDSB, CORIANCE et SOGETHA, lauréat de la procédure d'appels d'offres lancée en avril 2013.
Désigné comme concessionnaire, le groupement, dont le contrat court sur 24 ans, s'engage à prendre en charge l'investissement, les frais d'exploitation et d'entretien courant du projet, chiffré à 11 millions d'euros et subventionné à hauteur de 25%.
Cette opération ne générera donc pas de nouvelles charges pour le contribuable briançonnais. Le délégataire reste sous le contrôle de la commune, qui a négocié avec lui le niveau de prix de vente de l'énergie et les coefficients d'indexation.


Avec ce réseau de chauffage urbain, Briançon rejoindra les quelque 350 villes qui se sont dotées d'un tel équipement, alimentant en chaleur plus de 2 millions de Français.
Moins dangereux et plus sains que les chaudières individuelles ou collectives utilisant l'énergie fossile, les réseaux de chaleur urbains permettent de réaliser des économies substantielles tout en favorisant le développement local de l'économie verte.
En recourant à une énergie renouvelable locale telle que le bois, Briançon renforcera son indépendance énergique et participera à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

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